Réseau Artskool
Marlène Mocquet
exposition personnelle à la galerie Edouard-Manet
| Du jeudi 13 mars au samedi 19 avril À la galerie Edouard-Manet |
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Ses paysages et ses intérieurs – des espaces scéniques réduits à l’essentiel – baignent dans d’harmonieuses et chatoyantes ambiances colorées. Ces étranges huis clos accueillent une faune bigarrée et éclectique aux yeux exorbités et à la bouche grande ouverte de stupéfaction, composée pour l’essentiel de petites filles à la robe rouge, de personnages schématiques et squelettiques, de nuées d’oiseaux menaçants, d’animaux hybrides et monstrueux. Leurs activités, tantôt mouvantes tantôt prostrées, restent aussi énigmatiques que dérisoires. La peinture de Marlène Mocquet dérange tout autant qu’elle suscite la curiosité ; d’une part, parce qu’elle redonne corps à l’émotion, et, d’autre part, parce qu’elle ne cesse de jouer d’ambivalences plastiques qui provoquent tour à tour sentiments et jugements divergents : mal fait / bien fait, beau / laid, dissonant / harmonieux, raffiné / grossier, naïf / subtil. Elle réveille par ailleurs une vision caricaturale et romantique de la peinture, fondée sur l’idée reçue d’une relation indéfectible entre spontanéité, liberté, expression de soi et choc des coulures. Pour toute jeune qu’elle soit, Marlène Mocquet laisse peu de place au hasard et procède avec une très grande aisance technique. Elle utilise sans aucune restriction les potentialités infinies de la peinture qu’elle mixte allégrement. Pour exemple, à l’opacité d’une matière épaisse répondent la translucidité d’un jus coloré ou la légèreté de la pulvérisation à l’aérographe. L’utilisation de la résine engendre un effet de glaçage qui outre sa brillance, lisse la surface tout en accentuant la matérialité de la touche. Enfin, elle fait naître de la chair de la peinture, ici et là, d’un glacis, d’une empreinte de pliage, d’une coulure, d’une tâche colorée ou encore d’un empâtement brossé, personnages et créatures improbables qui surgissent plein champ ou restent embusqués dans les replis de la matière. Cette variété de traitements n’empêche en rien la cohésion stylistique de son oeuvre qui s’inscrit en filigrane dans la filiation du Symbolisme, de l’Expressionnisme, du Surréalisme, de CoBrA et de tout un pan de l’abstraction gestuelle. Les références nobles auxquelles font appel ses oeuvres, sont métissées par les apports d’une culture visuelle populaire qui convoquent aussi bien l’imagerie des mangas que celle de l’illustration.
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Lionel Balouin, commissaire de l’exposition
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